Quelques heures avant a Marcheprime



Marcheprime Les voitures circulaient, les habitants continuaient leur journée, les pompiers étaient déjà en alerte, prêts à faire face à un ennemi que personne ne maîtrise vraiment.


En quittant la caserne, j'ai pris la route en direction d'Arcachon puis d'Arès.


Au fil des kilomètres, le paysage changeait. Le ciel n'était plus bleu. Il se chargeait d'une fumée épaisse, lourde, qui avalait peu à peu l'horizon. La lumière devenait irréelle, presque orange. Chaque kilomètre donnait le sentiment que le feu respirait quelque part, juste derrière les arbres.

À cet instant, personne ne pouvait encore imaginer ce qui allait suivre.


Pourtant, quelques heures plus tard, les flammes seraient aux portes de Marcheprime. La commune serait à son tour rattrapée par cet incendie gigantesque.


Ces images ne montrent pas le feu.


Elles montrent ce qui le précède : ce silence étrange, cette lumière inquiétante, cette impression que la nature retient son souffle avant que tout bascule.


Pendant que beaucoup cherchaient à fuir, des femmes et des hommes prenaient le chemin inverse. Les sapeurs-pompiers entraient là où tout le monde voulait sortir.


Aujourd'hui, en regardant ces images, elles prennent une autre dimension. Elles sont le témoignage d'un moment suspendu... celui où l'on ne sait pas encore que, quelques heures plus tard, toute une ville retiendra son souffle face au monstre.